Face à un phénomène de plus en plus courant dans le domaine du recrutement, le « ghosting » des candidats, les professionnels se trouvent confrontés à des défis nouveaux. Cet article explore les témoignages et les stratégies adoptées par plusieurs experts du secteur pour mieux gérer ce comportement inattendu. Découvrez les dynamiques actuelles qui influencent les pratiques de recrutement et les initiatives mises en place pour y faire face.
L’essentiel à retenir
Le « ghosting », qui consiste pour un candidat à ne plus donner de nouvelles à son potentiel employeur, est devenu une réalité courante dans le monde du recrutement. Zoé Daguenet, DRH externalisée, observe une progression notable de ce phénomène. La situation est particulièrement marquée dans les secteurs où la demande de main-d’œuvre est forte, ce qui met les candidats en position de force.
Audrey Guidez, membre du bureau national de l’ANDRH, souligne que le « ghosting » n’est pas l’apanage des jeunes générations. Tous les âges sont concernés, ce qui montre que ce comportement est plutôt lié aux conditions du marché et non à une question générationnelle.
Le « ghosting » peut se manifester de différentes manières tout au long du processus de recrutement. Il peut s’agir de ne pas répondre aux premières prises de contact, de ne pas se présenter à un entretien ou même de disparaître après la signature d’un contrat. Zoé Daguenet explique que cela perturbe considérablement l’organisation interne et allonge les délais de recrutement.
Les recruteurs, comme Denis Soune-Seyne, préfèrent les candidats qui choisissent de prévenir de leur absence plutôt que de se volatiliser sans explication. Cette transparence permet de maintenir une relation de respect mutuel dans le processus.
Pour contrer le « ghosting », les recruteurs mettent en place des stratégies proactives. Denis Soune-Seyne raconte qu’il laisse aux candidats la liberté de choisir le créneau horaire pour les entretiens, ce qui augmente la probabilité qu’ils soient disponibles. Cette approche flexible vise à impliquer davantage les candidats et à réduire les absences inattendues.
Audrey Guidez préconise également de maintenir des échanges réguliers avec les candidats pour suivre leur progression dans le processus de recrutement, ce qui permet de détecter les signes avant-coureurs de « ghosting ».
Le « ghosting » des candidats pourrait être perçu comme une revanche sur le comportement passé des entreprises. Denis Soune-Seyne explique que les recruteurs d’aujourd’hui paient les conséquences d’années de pratiques de recrutement peu respectueuses envers les candidats. Marc Sarwatka, CEO de Proevolution, partage cette opinion, soulignant l’importance du respect mutuel dans le processus de recrutement.
En 2026, le recrutement à distance continue de gagner en popularité, avec des entreprises qui adaptent leurs processus pour attirer des talents à l’échelle mondiale. Cette tendance implique de nouvelles stratégies pour garantir l’engagement des candidats, notamment grâce à des outils numériques facilitant la communication et l’évaluation des compétences à distance.
Des plateformes de recrutement en ligne comme LinkedIn ou Glassdoor se sont adaptées pour offrir des fonctionnalités améliorées, facilitant la gestion des candidatures et des entretiens à distance, tout en maintenant un contact régulier avec les candidats potentiels.
L’automatisation a profondément transformé le secteur du recrutement, permettant aux recruteurs de traiter un volume élevé de candidatures avec une efficacité accrue. Des logiciels tels que BambooHR et Greenhouse aident à automatiser les tâches administratives, libérant ainsi du temps pour que les recruteurs se concentrent sur l’interaction humaine.
Cependant, cette tendance suscite des interrogations quant à l’impact sur la qualité des interactions humaines dans le processus de recrutement. Les entreprises doivent trouver un équilibre entre l’efficacité technologique et la préservation d’une relation humaine authentique avec les candidats pour ne pas tomber dans un piège de déshumanisation du recrutement.