Dans une affaire sans précédent, un avocat américain a remporté une victoire historique contre Meta et YouTube, accusés d’avoir rendu une adolescente dépendante des réseaux sociaux. Au cœur de cette réussite, l’utilisation astucieuse d’une technologie qui suscite autant d’espoir que de méfiance : l’intelligence artificielle.
L’essentiel à retenir
Le 25 mars 2026, un jury de Los Angeles a condamné Meta et YouTube dans une affaire de dépendance des mineurs aux réseaux sociaux. L’avocat Mark Lanier, représentant la plaignante, a révélé avoir utilisé l’intelligence artificielle pour construire son dossier. Cette approche novatrice a permis de réduire considérablement le temps de préparation, passant de trente à dix heures.
Grâce à la plateforme Boodlebox, Lanier a pu intégrer plusieurs modèles d’IA comme ChatGPT, Claude et Gemini, facilitant l’analyse et la structuration des arguments. Cette technologie a permis de trier efficacement une grande quantité de documents, une tâche souvent confiée à des collaborateurs juniors dans les cabinets d’avocats.
Boodlebox se distingue par sa capacité à intégrer différentes intelligences artificielles dans une interface unique, ce qui en fait un outil précieux pour les professionnels du droit. L’éditeur de cette plateforme revendique son utilisation dans plus de 1 300 établissements d’enseignement supérieur, soulignant son potentiel pour accompagner les avocats dans la gestion de leurs dossiers.
Bien que l’apport exact de l’IA dans la victoire de Lanier ne soit pas documenté, les témoignages suggèrent une efficacité indéniable, tant que l’humain reste au centre du processus et vérifie chaque information générée.
Si l’IA peut accélérer et faciliter le travail des avocats, elle n’est pas exempte de risques. Par le passé, des professionnels ont été sanctionnés pour avoir utilisé des informations erronées générées par l’IA dans des procédures judiciaires. En 2023 et 2025, des avocats ont été épinglés pour avoir cité des jurisprudences inventées par des modèles d’IA tels que ChatGPT et Claude.
Malgré ces incidents, l’adoption de l’IA dans le secteur juridique continue de croître, avec près de 70 % des professionnels l’utilisant désormais. Cette tendance souligne l’importance de la vérification humaine dans l’utilisation de ces technologies avancées.
Le verdict contre Meta et YouTube pourrait bien être un tournant dans la régulation des réseaux sociaux aux États-Unis. Avec plus de 1 500 plaintes similaires en cours, le secteur pourrait connaître une vague de litiges. En Europe, les législateurs s’intéressent également à la protection des mineurs, notamment avec le DSA (Digital Services Act), qui examine les mécanismes addictifs des plateformes numériques.
En France, une proposition de loi visant à établir une majorité numérique à 15 ans a été adoptée par l’Assemblée nationale, témoignant de l’évolution des mentalités face aux enjeux numériques.
La transformation numérique du secteur juridique est inévitable avec l’avènement de l’intelligence artificielle. Les professionnels du droit doivent s’adapter à ces nouvelles technologies tout en maintenant une rigueur dans la vérification des informations. Cette affaire montre que l’IA peut être un allié puissant, mais seulement si elle est utilisée avec discernement et précaution.
Des figures du domaine comme Richard Susskind ont souvent prédit que l’IA transformerait le paysage juridique. Alors que ces prédictions se réalisent, il est crucial que les professionnels s’engagent à améliorer leurs compétences numériques et à comprendre les limites et les capacités de ces outils avancés.