Vinted met à jour ses conditions générales d’utilisation le 5 octobre 2026 sur 10 marchés européens, dont la France. Les utilisateurs devront les accepter pour continuer à vendre. Voici ce qui change réellement, et ce qui relève de la rumeur.
La France, la Belgique, le Luxembourg, les Pays-Bas, l’Allemagne, l’Autriche, l’Espagne, le Portugal, l’Italie et l’Irlande passent à la nouvelle version le 5 octobre. Le Royaume-Uni et les États-Unis suivent le 8 octobre, et des textes ont aussi été publiés pour l’Australie. Le document est rebaptisé : les « Termes et conditions » deviennent les « Conditions générales d’utilisation ».
Refuser est possible, mais cela revient à perdre l’accès au compte. Si vous hésitez, exportez d’abord votre historique de ventes : il sera difficile à reconstituer ensuite.
C’est le changement le plus concret. Les utilisateurs disposant d’un solde activé doivent accepter les conditions de Vinted Pay, qui autorisent le transfert des fonds disponibles et en attente vers le nouveau porte-monnaie. Vinted Pay UAB est l’entité de paiement du groupe, agréée en Lituanie.
Trois précisions utiles :
Les contrôles d’identité (KYC) sont aussi élargis. Les prestataires peuvent consulter des registres officiels, déclencher des vérifications supplémentaires selon des seuils pouvant s’appliquer à une seule transaction, et refuser une opération si l’authentification forte échoue. Ils peuvent également vérifier que le compte bancaire correspond aux informations du porte-monnaie. Un IBAN qui n’est pas à votre nom ou une adresse obsolète peuvent donc retarder un virement.
Dans les anciennes conditions, l’acheteur payait un service précis, la Protection acheteurs, qui couvrait le paiement sécurisé et le remboursement des articles perdus, abîmés ou non conformes. La nouvelle version parle de « Frais Vinted », présentés comme une contribution aux coûts de fonctionnement du site. Ils apparaissent dans le détail du prix et s’ajoutent au total à la commande.
Les droits au remboursement demeurent, mais ils sont regroupés dans une politique de remboursement distincte, qui couvre aussi les articles contrefaits. Les textes n’indiquent aucun changement de calcul, et Vinted précise qu’il ne s’agit pas d’un frais supplémentaire. Pour le vendeur, le montant encaissé ne varie donc pas.
L’effet est surtout comptable. Si votre tableur ou votre outil de gestion repose sur l’ancien intitulé, vos données risquent d’être scindées au 5 octobre. Rattachez les deux libellés à la même catégorie pour conserver des séries continues sur l’année.
Quand Vinted estime disposer de preuves solides qu’un article est contrefait, le délai pour fournir une preuve d’authenticité passe de 24 à 48 heures.
En contrepartie, un article jugé contrefait par un service de vérification est conservé six semaines après notification du vendeur. Sans preuve satisfaisante ni contestation formelle dans ce délai, le vendeur renonce à le récupérer et autorise Vinted à le détruire, le recycler ou s’en défaire, sans compensation. Les anciennes conditions ne prévoyaient pas ce pouvoir sur la seule base de la vérification interne de Vinted.
Le vendeur ne peut pas refuser la vérification lorsqu’un acheteur éligible l’a achetée, et un article qui échoue ne peut plus être remis en ligne. Pour les articles de marque, conservez donc factures, tickets, confirmations de commande et photos de l’étiquette.
L’ancienne version listait précisément les motifs de blocage. La nouvelle se limite à une formule générale : Vinted peut agir lorsque le contenu, les articles ou l’activité d’un utilisateur sont illicites, menacent la sécurité publique ou enfreignent les conditions ou les règles du catalogue. Les mesures vont de l’avertissement au blocage définitif, en passant par la suppression d’annonces ou la limitation de fonctionnalités.
La section sur les recours ne mentionne plus que l’appel interne, mais une autre partie du document continue de renvoyer aux organismes européens de règlement des litiges, aux organisations de consommateurs et aux tribunaux du pays de résidence. Moins de détails dans le texte n’implique pas moins de droits, mais cela réduit les repères pour comprendre un reproche. En cas de blocage, constituez un dossier documenté avant de faire appel.
L’IA et vos photos. Contrairement à ce qui circule, l’utilisation des photos d’annonces pour développer des modèles d’IA n’est pas nouvelle. Cette licence figure déjà dans les conditions actuelles, et la version d’octobre la reprend telle quelle. L’option de refus de l’usage marketing existe, mais aucune des deux versions ne dit qu’elle s’étend à l’IA.
La fiscalité. Des conditions d’utilisation ne changent pas le droit fiscal. Les seuils de la directive DAC7 restent de 30 ventes ou 2 000 € par année civile. Les dépasser déclenche une transmission d’informations à l’administration, pas une imposition automatique, qui dépend de la nature et de la régularité de l’activité.