Dans de nombreux secteurs, les compétences professionnelles évoluent rapidement sous l’effet des innovations technologiques, des nouvelles méthodes de travail et des transformations économiques. Certaines expertises deviennent progressivement moins pertinentes, tandis que de nouvelles connaissances apparaissent.
Pour les entreprises comme pour les salariés, identifier les compétences qui risquent de devenir dépassées permet d’adapter les stratégies de formation et d’anticiper les besoins futurs. Cette démarche s’inscrit souvent dans une politique de Gestion Prévisionnelle des Emplois et des Compétences, également appelée GEPP, qui vise à préparer l’évolution des métiers au sein d’une organisation.
Certaines situations peuvent révéler qu’une compétence perd progressivement de sa pertinence dans un environnement professionnel.
Par exemple, l’automatisation croissante de certaines tâches peut réduire la nécessité de maîtriser certaines activités manuelles ou répétitives. De même, l’apparition de nouveaux outils numériques peut rendre certaines méthodes de travail moins efficaces.
Parmi les signaux d’alerte les plus fréquents :
• des tâches de plus en plus automatisées
• des outils techniques qui ne sont plus utilisés par la majorité du secteur
• une baisse de productivité liée à des méthodes anciennes
• des difficultés à répondre aux nouvelles attentes des clients
Ces éléments ne signifient pas forcément qu’une compétence disparaît complètement, mais ils peuvent indiquer qu’elle doit évoluer.
La première étape pour repérer les compétences en déclin consiste à établir une cartographie précise des savoir-faire disponibles dans l’organisation.
Cette cartographie repose généralement sur la création d’un référentiel regroupant :
• les compétences techniques propres à chaque métier
• les connaissances transversales
• les outils maîtrisés par les collaborateurs
Une fois cette base établie, il devient possible de comparer les compétences existantes avec les besoins futurs de l’entreprise ou du secteur d’activité.
Cette analyse permet d’identifier les domaines où un effort de formation ou d’adaptation sera nécessaire.
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Les entretiens individuels constituent également un moment privilégié pour identifier les compétences qui doivent évoluer.
Lors de ces échanges, les managers et les collaborateurs peuvent discuter :
• des compétences actuellement utilisées dans le poste
• des difficultés rencontrées dans certaines tâches
• des besoins de formation ou de montée en compétences
Certains dispositifs intègrent également des méthodes de feedback élargi, comme les évaluations à 360 degrés, qui permettent de recueillir l’avis de plusieurs interlocuteurs sur les compétences d’un collaborateur.
L’évolution des compétences ne dépend pas uniquement de l’entreprise. Elle est aussi fortement influencée par les transformations du marché du travail.
L’analyse des offres d’emploi publiées dans un secteur peut fournir des indications précieuses sur les compétences qui deviennent progressivement indispensables.
Cette observation permet par exemple d’identifier :
• les technologies ou logiciels les plus demandés
• les méthodes de travail qui se généralisent
• les compétences qui apparaissent dans les nouvelles descriptions de poste
À l’inverse, certaines compétences deviennent moins présentes dans les annonces, ce qui peut indiquer une diminution de leur importance dans le secteur.
Les entreprises disposent également de plusieurs indicateurs internes permettant de détecter une évolution des compétences nécessaires.
Une baisse de satisfaction client, une diminution de la performance sur certains projets ou encore l’apparition de difficultés techniques peuvent révéler un décalage entre les compétences disponibles et les exigences du marché.
Dans certains cas, la transformation des outils ou des processus internes peut également rendre certaines expertises moins adaptées aux nouveaux modes de travail.
Pour éviter que certaines compétences deviennent totalement dépassées, les organisations mettent en place des démarches structurées d’anticipation.
Ces approches reposent souvent sur la Gestion Prévisionnelle des Emplois et des Compétences, qui vise à analyser les transformations possibles des métiers sur plusieurs années.
Cette stratégie peut inclure :
• l’identification des métiers en évolution
• la définition des compétences qui seront nécessaires à moyen terme
• l’adaptation des parcours de formation internes
L’objectif est de préparer les équipes aux changements futurs plutôt que de réagir uniquement lorsque les compétences deviennent insuffisantes.
L’apprentissage tout au long de la carrière constitue l’un des moyens les plus efficaces pour maintenir les compétences à jour.
Les entreprises peuvent encourager cette dynamique par plusieurs initiatives :
• programmes de formation réguliers
• mentorat entre collaborateurs expérimentés et nouveaux arrivants
• accès à des plateformes d’apprentissage en ligne
• participation à des conférences ou formations spécialisées
Cette logique d’apprentissage permanent est souvent associée au concept de Lifelong Learning, qui encourage l’acquisition continue de nouvelles compétences.
Pour anticiper les évolutions du marché, les entreprises peuvent également mettre en place une veille régulière sur les innovations technologiques et les nouvelles pratiques professionnelles.
Cette observation peut porter sur :
• les nouveaux outils numériques
• les évolutions réglementaires
• les méthodes de travail émergentes
Certaines organisations développent aussi des partenariats avec des écoles, universités ou centres de formation afin de préparer les compétences qui seront nécessaires dans les années à venir.