Le calcul des congés payés reste l’une des sources d’incompréhension les plus fréquentes dans le monde du travail. Accumulation mensuelle, période de référence, jours ouvrables ou ouvrés, maintien de salaire, indemnité compensatrice : les règles sont nombreuses et parfois complexes. Pourtant, une mauvaise lecture peut conduire à des pertes financières non négligeables, à des litiges ou à des incompréhensions durables entre salariés et employeurs.
L’acquisition des congés payés repose sur un principe simple : chaque mois travaillé génère un droit à repos rémunéré. En France, le cadre légal prévoit 2,5 jours ouvrables par mois, soit 30 jours ouvrables par an, équivalant à 5 semaines complètes.
Base mensuelle d’acquisition
| Période travaillée | Droits acquis |
|---|---|
| 1 mois | 2,5 jours ouvrables |
| 6 mois | 15 jours |
| 12 mois | 30 jours |
Cette règle s’applique dès le premier jour de travail, y compris pendant la période d’essai.
Période de référence
La période de référence classique s’étend du 1er juin au 31 mai de l’année suivante. Les droits acquis durant cette période peuvent être pris entre le 1er juin et le 31 mai de l’année suivante, sauf accord d’entreprise différent.
Exemple simple :
Un salarié embauché le 1er septembre 2025 cumule, au 31 mai 2026, 9 mois de travail, soit :
9 × 2,5 = 22,5 jours ouvrables, arrondis généralement à 23 jours.
Jours ouvrables et jours ouvrés
La distinction influence directement le nombre affiché sur les compteurs.
| Type de décompte | Définition | Total annuel |
|---|---|---|
| Jours ouvrables | Tous les jours sauf dimanche et jours fériés | 30 jours |
| Jours ouvrés | Jours effectivement travaillés dans l’entreprise | 25 jours |
Un salarié à temps plein travaillant du lundi au vendredi dispose donc souvent de 25 jours ouvrés, correspondant à 5 semaines complètes.
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Lors d’un départ en congés, le salarié perçoit une indemnité de congés payés. Deux méthodes sont prévues par le Code du travail, et la plus favorable doit être appliquée.
Méthode du maintien de salaire
Elle consiste à verser la rémunération habituelle pendant la période d’absence.
Exemple :
👉 Rémunération maintenue : 500 € brut
Méthode du dixième
Elle correspond à 10 % de la rémunération brute totale perçue sur la période de référence.
Exemple :
Pour une semaine de congés :
2 400 ÷ 5 = 480 € brut
Comparaison des deux méthodes
| Méthode | Montant |
|---|---|
| Maintien de salaire | 500 € |
| Dixième | 480 € |
👉 L’employeur verse 500 €, méthode la plus favorable.
Cette double méthode protège le salarié contre toute perte de revenu lors des absences rémunérées.
Certaines périodes d’absence continuent de générer des congés payés, tandis que d’autres les suspendent.
Absences ouvrant droit à acquisition
Absences ne générant pas de droits
Illustration chiffrée
Un salarié absent 2 mois pour arrêt maladie non professionnel cumule :
10 mois × 2,5 jours = 25 jours ouvrables
Au lieu de 30 jours.
Cette règle peut entraîner un écart significatif sur l’année, d’où l’intérêt de surveiller attentivement les compteurs.
Certaines situations modifient les règles standards et méritent une attention particulière.
Temps partiel
Les salariés à temps partiel bénéficient des mêmes droits en nombre de jours, seule l’indemnité varie selon la durée du travail.
Exemple :
CDD et fin de contrat
Lorsque les congés ne sont pas pris, une indemnité compensatrice est versée.
| Durée du contrat | Congés acquis | Indemnité |
|---|---|---|
| 3 mois | 7,5 jours | 10 % du brut |
| 6 mois | 15 jours | 10 % du brut |
Arrondis des droits
Les fractions de jours sont généralement arrondies à l’unité supérieure.
Exemple :
Cette règle favorise le salarié.
Sur le bulletin de paie ou le portail RH, plusieurs lignes permettent de suivre les droits :
| Intitulé | Signification |
|---|---|
| CP acquis | Total des droits cumulés |
| CP pris | Jours déjà utilisés |
| Solde CP | Jours encore disponibles |
Exemple pratique
| Ligne | Valeur |
|---|---|
| CP acquis | 25 |
| CP pris | 10 |
| Solde CP | 15 |
👉 Le salarié peut encore poser 15 jours.
Même avec des règles bien établies, certaines situations génèrent régulièrement des anomalies.
Décompte erroné des samedis
Dans le calcul en jours ouvrables, le samedi est souvent inclus. Une semaine posée du lundi au vendredi peut ainsi être décomptée 6 jours au lieu de 5.
Mauvaise gestion des jours fériés
Un jour férié chômé inclus dans une période de congé ne doit pas être décompté.
Oubli des congés conventionnels
Certaines conventions collectives accordent :
Ces droits additionnels doivent apparaître distinctement.
Situation :
Droits acquis
12 × 2,5 = 30 jours ouvrables
Congés pris
18 jours
Solde
12 jours restants
Indemnité pour 1 semaine
| Méthode | Montant |
|---|---|
| Maintien | 550 € |
| Dixième | 528 € |
👉 550 € retenus.
Comprendre le calcul des congés payés offre une réelle autonomie. Cette lecture permet de :
Selon l’Inspection du travail, près de 12 % des contrôles révèlent au moins une anomalie liée aux congés, souvent liée à une mauvaise interprétation des règles de calcul. Sur une carrière complète, ces écarts peuvent représenter plusieurs semaines de repos perdues.