Le forfait jours est un dispositif permettant de compter le temps de travail d’un salarié en nombre de jours travaillés sur l’année plutôt qu’en heures quotidiennes. Ce système s’adresse principalement aux cadres et aux salariés autonomes dont la charge de travail ne peut pas toujours être strictement découpée par journée.
Cette organisation offre une flexibilité dans la gestion des missions tout en respectant les obligations légales de durée maximale annuelle. Elle implique néanmoins un encadrement précis afin d’éviter les dépassements et de préserver l’équilibre entre vie professionnelle et personnelle. Selon la Direction de l’Animation de la Recherche, des Études et des Statistiques (DARES), environ 12 pour cent des salariés cadres en France sont concernés par ce type de forfait.
Pour instaurer un forfait jours, l’employeur doit respecter plusieurs conditions. Le salarié doit être cadre ou occupant un poste exigeant une autonomie réelle, ce qui justifie un suivi annuel en jours plutôt qu’en heures. La convention collective applicable et l’accord d’entreprise ou de branche doivent prévoir ce dispositif.
L’accord doit préciser le nombre maximum de jours travaillés dans l’année, incluant les jours de congé et les jours fériés. Toute mise en place sans encadrement écrit est considérée comme non conforme et peut exposer l’entreprise à des litiges. Les données du ministère du Travail indiquent que plus de 20 pour cent des litiges liés au forfait jours concernent un défaut de formalisation ou de suivi contractuel.
Le calcul des jours travaillés inclut généralement les jours effectivement travaillés, les congés payés légaux et les jours fériés. La loi fixe un plafond annuel qui ne peut pas être dépassé, garantissant ainsi le respect du droit au repos.
L’employeur doit s’assurer que le salarié dispose de journées de repos suffisantes pour limiter la fatigue et les risques liés à une surcharge de travail. Le suivi régulier de ces jours permet de prévenir les dépassements et d’éviter les sanctions juridiques.
Une enquête de l’INRS révèle que les entreprises qui suivent de manière rigoureuse les jours travaillés constatent une diminution de 15 pour cent des incidents liés à la fatigue et au stress par rapport à celles qui ne le font pas.
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Le forfait jours nécessite un suivi précis de la charge annuelle. Les employeurs doivent mettre en place des outils permettant d’identifier les situations où le salarié approche du plafond légal. Ce suivi contribue à prévenir les conflits et à respecter les obligations de santé et sécurité.
Il est recommandé de tenir un tableau annuel mis à jour régulièrement, de manière à vérifier la cohérence entre les jours réellement travaillés et ceux planifiés. Une absence de suivi peut entraîner des contentieux ou une remise en cause de la validité du forfait.
Selon le Conseil d’État, l’absence de suivi précis constitue un motif fréquent de contestation par les salariés, notamment en cas de dépassement non compensé.
Le forfait jours implique une concertation régulière entre employeur et salarié. Il ne s’agit pas uniquement de comptabiliser des jours mais aussi de vérifier que la charge reste soutenable. Le dialogue contribue à identifier les périodes où le salarié est surchargé et à ajuster les missions ou le rythme de travail.
Les entreprises qui mettent en place ce suivi constatent une satisfaction professionnelle plus élevée, réduisant le risque d’absentéisme et de désengagement.
Le forfait jours ne peut pas être instauré unilatéralement. Les conventions collectives ou accords d’entreprise déterminent souvent le nombre de jours maximum, les modalités de suivi et les périodes de repos spécifiques. Ces textes apportent une base juridique solide qui sécurise tant le salarié que l’employeur.
Les entreprises qui respectent ces accords limitent les risques de contentieux et assurent une gestion plus harmonieuse des effectifs sur l’année.
Même avec un forfait jours, certaines périodes peuvent exiger un engagement supplémentaire du salarié. Dans ce cas, il est essentiel de documenter et de compenser toute journée supplémentaire, soit par des repos supplémentaires, soit par une rémunération adaptée selon la législation et les accords en vigueur.
Un suivi attentif évite de créer une tension entre le salarié et l’employeur et garantit la conformité avec le droit du travail.
La principale critique du forfait jours concerne le risque de surcharge et de stress. La flexibilité offerte peut devenir problématique si aucun suivi n’est effectué. L’employeur doit veiller à ce que chaque salarié conserve un rythme équilibré et bénéficie de périodes de repos effectives.
Les données de l’INRS montrent que la vigilance sur les jours travaillés et les repos réguliers réduit significativement les risques psychosociaux et les accidents liés à la fatigue.