Recrutement : le ghosting pourrait bientôt faire l’objet de sanctions

Recrutement : le ghosting pourrait bientôt faire l’objet de sanctions

Le phénomène du ghosting en recrutement prend de plus en plus d’ampleur. Cette pratique consiste à interrompre toute communication sans explication, que ce soit du côté des recruteurs ou des candidats.

Dans la majorité des cas, ce sont toutefois les entreprises qui sont pointées du doigt : de nombreux candidats affirment ne jamais recevoir de réponse après avoir envoyé leur candidature ou passé un entretien. Face à cette situation, plusieurs voix demandent aujourd’hui un encadrement plus strict du processus de recrutement.

Une pratique devenue très fréquente dans les processus de recrutement

Le ghosting n’est plus un phénomène marginal. Plusieurs enquêtes montrent que de nombreux candidats restent sans retour après avoir postulé à une offre.

Selon différents sondages réalisés dans le secteur RH :

• environ 73 % des candidats n’obtiennent aucune réponse après l’envoi d’une candidature
• près de 68 % affirment avoir déjà été “ghostés” par un recruteur
86 % des candidats souhaitent qu’une réponse soit obligatoire, en particulier après un entretien

Ces chiffres illustrent un problème récurrent dans les processus de recrutement modernes, où le volume élevé de candidatures rend parfois difficile la gestion des réponses.

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Une image de marque employeur fragilisée

Au-delà de la frustration des candidats, le ghosting peut aussi avoir des conséquences importantes sur la réputation des entreprises.

Lorsqu’un candidat reste sans réponse, il peut partager son expérience sur différents espaces en ligne :

• réseaux sociaux professionnels
• plateformes d’avis sur les employeurs
• forums dédiés à l’emploi

Ces témoignages négatifs peuvent progressivement altérer la perception d’une entreprise auprès des futurs candidats. La marque employeur devient alors un enjeu majeur pour les départements RH, qui cherchent à préserver une relation respectueuse avec les postulants.

L’idée d’une obligation légale de réponse

Face à la multiplication de ces situations, certains acteurs du recrutement évoquent la possibilité d’un encadrement juridique du ghosting.

Plusieurs propositions circulent dans le débat public, notamment l’idée d’imposer une réponse obligatoire dans certains cas précis :

• après un entretien d’embauche
• lorsque le processus de recrutement est avancé
• lorsque plusieurs échanges ont déjà eu lieu

L’objectif serait d’introduire un minimum de transparence dans les démarches de recrutement afin d’éviter les situations où les candidats restent sans aucune information.

Pour le moment, aucune loi spécifique n’a encore été adoptée, mais le sujet fait l’objet de discussions dans le secteur des ressources humaines.

L’automatisation des réponses grâce à l’intelligence artificielle

Face au volume croissant de candidatures, certaines entreprises envisagent d’utiliser des solutions automatisées pour envoyer des réponses aux candidats.

Des outils intégrant l’intelligence artificielle peuvent désormais :

• analyser les candidatures reçues
• trier les profils selon certains critères
• envoyer automatiquement des réponses personnalisées

Fait intéressant, plusieurs enquêtes indiquent que 74 % des candidats préfèrent recevoir un refus automatisé plutôt que de ne recevoir aucune réponse.

Cette automatisation pourrait permettre aux équipes RH de gérer plus efficacement les candidatures tout en évitant les situations de silence prolongé.

Le phénomène des “ghost jobs” qui complique la recherche d’emploi

Un autre problème souvent évoqué dans ce débat concerne les offres d’emploi fictives, parfois appelées « ghost jobs ».

Il s’agit d’annonces publiées en ligne sans véritable projet de recrutement immédiat. Certaines entreprises utilisent ces offres pour constituer une base de candidats ou tester le marché du travail.

Selon certaines estimations, près de 22 % des annonces pourraient appartenir à cette catégorie. Pour les candidats, ces publications allongent inutilement la recherche d’emploi et accentuent la sensation d’absence de réponse.

Une attente forte de transparence chez les candidats

La question du ghosting s’inscrit dans une évolution plus large des attentes des candidats vis-à-vis des entreprises.

Aujourd’hui, de nombreux postulants accordent une importance particulière à la qualité de l’expérience candidat. Les délais de réponse et la clarté des échanges deviennent des éléments déterminants dans la perception d’une organisation.

Plusieurs études indiquent notamment que près de 90 % des jeunes candidats considèrent qu’une réponse rapide est essentielle, même lorsqu’elle est négative.

Dans ce contexte, la transparence et la communication régulière apparaissent comme des éléments déterminants pour améliorer les relations entre entreprises et candidats.


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