Mettre en place un plan de prévention RPS basé sur la méthode INRS

Mettre en place un plan de prévention RPS basé sur la méthode INRS

Stress chronique, conflits internes, surcharge mentale, absence de repères… Les risques psychosociaux (RPS) ne sont plus un sujet réservé aux grandes entreprises.
Dans les PME et les TPE, ils se traduisent par des arrêts maladie répétés, des tensions dans les équipes, une motivation en baisse et des erreurs opérationnelles évitables.

Pour structurer une démarche fiable, les organisations s’appuient de plus en plus sur la méthode proposée par l’INRS, l’un des cadres les plus utilisés par les consultants spécialisés.
Elle fournit une approche progressive, simple à déployer et adaptée à toutes tailles d’équipes.

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Pourquoi la méthode INRS est devenue l’option la plus utilisée pour gérer les RPS dans les PME ?

Les dirigeants se retrouvent souvent face à un paradoxe :
– d’un côté, les collaborateurs attendent une écoute et des solutions,
– de l’autre, les problèmes à l’origine des tensions sont dispersés dans l’organisation, parfois invisibles.

La méthode INRS répond à cette difficulté grâce à trois points essentiels :

Elle permet d’étudier les RPS de manière factuelle, en s’appuyant sur des indicateurs concrets, et non sur des impressions subjectives.
Elle propose un découpage clair des sources de tension, ce qui facilite l’identification de ce qui relève de l’organisation, du management, ou de l’environnement professionnel.
Elle s’adapte aussi bien à un atelier de 5 personnes qu’à une PME de 200 salariés, ce qui en fait une approche universelle.

Ce cadre donne aux équipes un point d’appui stable pour aborder un sujet souvent délicat.

Former un groupe projet RPS : l’étape indispensable pour un diagnostic crédible

Avant toute analyse, l’INRS recommande de constituer un groupe pilotage avec des profils complémentaires.
Cette étape semble administrative, mais elle conditionne la qualité des décisions futures.

Ce groupe devrait rassembler :

● un membre de la direction (pour la légitimité),
● un RH (pour la cohérence réglementaire),
● un ou plusieurs managers opérationnels,
● des représentants de différents métiers,
● un élu CSE lorsque c’est possible.

Le rôle du groupe :

● définir les règles de confidentialité,
● déterminer les outils à utiliser (questionnaires, entretiens, observations…),
● repérer les axes sensibles,
● valider les mesures à déployer.

Un plan RPS sans groupe projet est souvent rejeté par les équipes ou trop éloigné de la réalité du terrain.
Un groupe représentatif garantit une compréhension plus juste des situations vécues.

Les signaux à surveiller : ce que l’INRS conseille d’observer avant le diagnostic

Un plan RPS efficace commence par une collecte d’indicateurs.
L’INRS recommande de croiser données RH, observations de terrain, et retours informels.

Indicateurs humains : les premiers marqueurs de tensions

● conflits récurrents,
● incompréhensions entre équipes,
● collaborateurs en retrait,
● résistance inhabituelle aux changements.

Indicateurs santé : ce qui alerte sur une fatigue profonde

● hausse des arrêts court terme,
● demandes spontanées de rendez-vous à la médecine du travail,
● signaux liés à la fatigue mentale ou émotionnelle.

Indicateurs liés à l’activité : quand le fonctionnement déraille

● erreurs répétées,
● retards inhabituels,
● perte de qualité,
● saturation des plannings.

Ces éléments sont essentiels pour préparer la phase suivante : la cartographie des risques.

La cartographie RPS : la méthode INRS permet d’identifier les sources de pression réelles

Le diagnostic repose sur une analyse structurée autour de six familles de risques. Cette grille, utilisée par les consultants spécialisés, permet de repérer les causes profondes.

1. Pressions liées au rythme et aux délais

Surcharge ponctuelle, objectifs mal calibrés, priorités imprécises, interruptions constantes.

2. Expositions émotionnelles

Gestion de clients exigeants, situations sensibles, conflits de valeurs.

3. Manque de marge de manœuvre

Peu d’autonomie dans les décisions, absence de visibilité sur les priorités, micro-gestion.

4. Relations internes instables

Manque de soutien, tensions prolongées, transmission floue d’informations.

5. Incohérences dans l’organisation

Changements fréquents d’objectifs, rôles mal définis, processus incomplets.

6. Reconnaissance insuffisante

Absence de retours, travail invisible, faible valorisation des efforts.

Cette cartographie permet de lier les symptômes aux mécanismes organisationnels, évitant les diagnostics superficiels.

Les outils de diagnostic recommandés par l’INRS pour obtenir une vision fiable et exploitable

La richesse du diagnostic dépend des méthodes utilisées pour interroger les équipes.
L’INRS en recommande plusieurs, complémentaires.

1. Les entretiens individuels structurés

Ils permettent de recueillir des faits précis, des exemples concrets, et de comprendre ce que les chiffres n’expliquent pas.

2. Les questionnaires anonymes

Ils donnent une vue d’ensemble :
● charge mentale perçue,
● clarté des objectifs,
● qualité de la coopération,
● sentiment de reconnaissance.

3. Les observations directes

Très utiles pour voir l’enchaînement réel des tâches et repérer ce qui échappe aux déclarations :
● interruptions,
● surcharge en fin de mois,
● difficultés liées à des logiciels,
● manque de coordination entre équipes.

4. Les remontées du CSE ou du service RH

Elles apportent des tendances sur plusieurs années.

Ces outils combinés assurent une vision complète et évitent les décisions basées sur des ressentis isolés.

Transformer l’analyse en plan d’actions : la stratégie recommandée par la méthode INRS

Une fois la cartographie validée, il faut passer à l’étape structurante : la construction du plan RPS.
La méthode INRS encourage une hiérarchisation claire des actions.

1. Les actions qui modifient l’organisation du travail

Ce sont celles qui apportent l’effet le plus durable.

Exemples :
● redéfinir la répartition des responsabilités,
● simplifier certaines procédures,
● clarifier les priorités,
● harmoniser les outils entre services.

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2. Les actions managériales

Elles concernent les pratiques d’encadrement.

Exemples :
● instaurer des points réguliers sur la charge,
● améliorer la coordination entre services,
● cadrer les réunions pour éviter les frustrations,
● renforcer la qualité des retours faits aux équipes.

3. Les actions individuelles

Elles visent à accompagner les collaborateurs les plus exposés.

Exemples :
● soutien professionnel,
● aménagements ponctuels,
● médiation interne.


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