L’open space devait favoriser la collaboration et la créativité. Pourtant, de plus en plus d’études révèlent un paradoxe : les équipes en open space affichent des taux de burnout émotionnel plus élevés que celles en bureaux fermés.
Les départs émotionnels, le stress latent, l’épuisement relationnel et la fatigue cognitive se multiplient, même dans des environnements très organisés.
Mais pourquoi cet aménagement, censé stimuler le collectif, finit-il par épuiser les individus ?
Lors d’un entretien d’embauche, chaque détail compte, même du sel ou du poivre posé sur la table. On vous explique en quoi ça consiste, et comment le réussir.
Lire l'articleTravailler côte à côte semble positif à première vue. Pourtant, la proximité constante augmente la charge émotionnelle.
Trois facteurs expliquent ce paradoxe :
Selon une étude de Harvard Business Review, 65 % des salariés en open space déclarent ressentir plus de stress relationnel, contre 41 % en bureaux fermés. L’exposition continue aux stimuli sociaux transforme le quotidien en une succession de micro-tensions.
Dans un open space, les émotions négatives sont amplifiées.
Un simple conflit entre deux collègues peut influencer l’ensemble de l’équipe.
Le phénomène repose sur deux mécanismes :
Résultat : une atmosphère où le stress individuel devient collectif, créant une spirale qui mène au burnout émotionnel.
Le niveau sonore dans les open spaces dépasse souvent ce que le cerveau peut traiter sans fatigue.
Selon une étude de l’Université de Sydney :
Le salarié n’a pas besoin de conflits ouverts : la surcharge sensorielle suffit à épuiser les ressources émotionnelles.
L’open space est censé favoriser la communication, mais trop d’interactions réduisent la qualité des échanges.
Trois dynamiques jouent contre les individus :
Dans ce contexte, le cerveau est en état de vigilance permanente, ce qui accélère l’épuisement.
Avant que le burnout émotionnel n’apparaisse, certaines signes comportementaux et collectifs sont visibles :
1. Retrait relationnel progressif
Les salariés répondent de manière minimale, évitent les discussions informelles et limitent les interactions.
2. Fluctuation de performance
Même les collaborateurs expérimentés montrent des variations dans la qualité de leur travail. Cela traduit une énergie émotionnelle instable.
3. Absence de pauses réparatrices
Le collaborateur reste à son poste, même lorsqu’il pourrait se recentrer, par peur du jugement ou par surengagement.
4. Multiplication des micro-conflits
Les tensions apparaissent sur des détails, des gestes ou des mots insignifiants, mais reflètent un stress latent.
Ces signaux doivent alerter les managers avant qu’un départ émotionnel ou un burnout sévère ne se produise.
Certaines configurations sont particulièrement sensibles :
Ces facteurs combinés transforment un open space classique en zone à risque pour le burnout émotionnel.
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Il n’est pas nécessaire de supprimer l’open space pour protéger la santé émotionnelle des équipes. Quelques stratégies efficaces existent :
1. Créer des zones de retrait
Espaces calmes, cabines individuelles ou salles de concentration permettent aux salariés de réguler leurs émotions.
2. Réduire le bruit et les interruptions
Utilisation de casques, pauses planifiées et définition de plages sans discussion directe.
Les interventions ciblées réduisent la charge cognitive et émotionnelle.
3. Encourager les micro-pauses émotionnelles
Quelques minutes pour se recentrer ou échanger informellement permettent de limiter l’accumulation de stress.
4. Observer les signaux comportementaux
Managers et RH doivent noter les variations dans la communication, la performance et la participation aux échanges.
5. Former les équipes à la régulation émotionnelle
Sensibilisation aux micro-tensions, techniques de respiration, briefings collectifs pour exprimer les frustrations.Ces mesures permettent de prévenir l’épuisement émotionnel tout en conservant les avantages collaboratifs de l’open space.