Depuis quelques années, une nouvelle forme de rupture professionnelle intrigue autant les RH que les dirigeants : le “Revenge Quitting”.
Ce phénomène décrit les salariés qui démissionnent non pas pour une meilleure opportunité, mais pour envoyer un message, régler un conflit psychologique ou sanctionner une situation vécue comme injuste.
Ce n’est plus une simple sortie de poste.
C’est un acte pensé, chargé d’émotion, destiné à faire ressentir à l’entreprise ce que le salarié a lui-même vécu : frustration, manque de reconnaissance, pression, ou absence d’écout
Lors d’un entretien d’embauche, chaque détail compte, même du sel ou du poivre posé sur la table. On vous explique en quoi ça consiste, et comment le réussir.
Lire l'articleLe Revenge Quitting n’est jamais une décision impulsive.
Il naît dans un moment précis : l’instant où le salarié comprend que rien ne changera, même s’il alerte, propose ou signale un problème.
Ce basculement intervient généralement après :
Quand la frustration se transforme en sentiment d’invalidation, l’idée apparaît :
“Si on ne tient pas compte de moi quand je suis ici, on le fera peut-être quand je partirai.”
C’est la naissance du Revenge Quitting.
Le Revenge Quitting repose sur un besoin humain fondamental : la réparation émotionnelle.
Cette réparation ne passe pas par le dialogue, mais par un acte symbolique fort.
Trois ressorts psychologiques jouent un rôle majeur :
1. Le besoin de reprendre le contrôle
Le salarié se sent impuissant face aux décisions internes.
En quittant l’entreprise, il reprend la maîtrise de la situation.
2. La recherche d’un rééquilibrage intérieur
La démission devient une réponse à une accumulation d’irritations.
Elle fait office de “rétablissement” émotionnel après une période perçue comme abusive.
3. La volonté de créer un électrochoc organisationnel
L’objectif n’est pas toujours la vengeance.
C’est parfois un moyen de faire émerger un problème que personne ne voulait voir.
Contrairement à une démission classique, le Revenge Quitting est souvent précédé d’un comportement distinctif.
Les RH observent fréquemment :
Cette attitude n’est pas un désengagement complet.
C’est un retrait stratégique : le salarié se prépare, met de la distance, se protège… tout en laissant l’entreprise constater ce qu’elle perdra.
Certaines organisations créent, parfois sans s’en rendre compte, des conditions idéales pour amplifier le phénomène.
Les structures où la reconnaissance est quasi inexistante
Même des équipes très compétentes peuvent s’épuiser si leur engagement n’est jamais visibilisé.
Les entreprises obsédées par l’urgence permanente
Le mode “feu continu” détruit les repères émotionnels.
Les salariés n’ont plus la sensation d’avoir un rôle stable.
Les organisations à verticalité rigide
Quand la parole ne remonte pas, l’état émotionnel non plus.
Les tensions se compressent jusqu’à éclater sous forme de démission.
Les cultures où les managers évitent les conflits
Le silence managérial crée un vide où les frustrations se multiplient.
Ces contextes transforment un simple malaise en décision lourde.
Lors d’un Revenge Quitting, les impacts ne se limitent jamais au départ d’un salarié.
Les répercussions les plus courantes :
Le plus surprenant est que le Revenge Quitting déclenche souvent d’autres départs quelques semaines plus tard, même de personnes qui n’avaient pas l’intention de quitter l’entreprise.
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Beaucoup de conflits internes naissent d’un décalage d’interprétation.
Voici quelques phrases managériales typiques, et la manière dont elles sont perçues :
Manager : “On fera le point plus tard.”
→ Salarié : “Mon problème n’a aucune importance.”
Manager : “On a d’autres priorités pour l’instant.”
→ Salarié : “Je suis un poids, pas une ressource.”
Manager : “On en reparlera quand ce sera plus calme.”
→ Salarié : “On m’évite.”
Manager : “On compte sur toi comme d’habitude.”
→ Salarié : “On utilise ma loyauté sans la valoriser.”
Ce décalage alimente la charge émotionnelle qui mène au Revenge Quitting.