Augmentation des cotisations des complémentaires santé en 2024 : injustifiée selon le Gouvernement

Augmentation des cotisations des complémentaires santé en 2024 : injustifiée selon le Gouvernement

Les tarifs des complémentaires santé connaîtront une forte augmentation en 2024, dépassant en moyenne les 8%. Cette hausse suscite des critiques de la part du gouvernement, tandis que les mutuelles évoquent une croissance significative de leurs dépenses.

Quelles sont les hausses prévues pour 2024 ?

La principale famille de complémentaires santé, les mutuelles, prévoit une hausse moyenne de 8,1% des cotisations en 2024, après une augmentation de 4,7% en 2023. Les autres grandes familles – assureurs et organismes paritaires – n’ont pas officiellement évalué les hausses, mais tous les indices convergent vers des augmentations similaires.

Le spécialiste du secteur Addactis anticipe des hausses de 9 à 11% pour les complémentaires santé souscrites individuellement et de 8 à 12,5% pour les contrats collectifs, souscrits par les entreprises pour leurs salariés.

Les complémentaires santé invoquent une hausse des dépenses

Pour les complémentaires santé, la hausse des cotisations reflète la croissance de leurs dépenses en faveur de leurs assurés. Selon la Mutualité, les prestations versées par les mutuelles ont augmenté de +6% sur les huit premiers mois de 2023 par rapport à la même période de l’année précédente, dépassant largement les estimations initiales.

Chez les organismes paritaires, la déléguée générale du Centre technique des institutions de prévoyance (CTIP), Marie-Laure Dreyfuss, a souligné une augmentation des dépenses de 8% en 2022, suivie de la même tendance en 2023, principalement dans la médecine de ville, l’optique et dans une moindre mesure, le dentaire.

Le Gouvernement juge la hausse trop forte

Pour le ministre de la Santé Aurélien Rousseau, une hausse de « 5 à 7% » serait plus justifiée. Il estime qu’une augmentation moyenne de 8,1%, équivalente à des mutuelles à +13%, est incompréhensible. L’Assurance maladie conteste l’argument du transfert de charges, notant une diminution de la part des complémentaires dans le remboursement des frais de santé au fil des années.

Aurélien Rousseau appelle également les complémentaires santé à faire des efforts sur leurs frais de gestion, soulignant que celles-ci conservent environ 20% de l’argent collecté pour assurer leur fonctionnement, comparé au ratio de 2,8% de l’Assurance maladie.

Un problème structurel ?

Selon Éric Chenut, président de la Mutualité française, les hausses de cotisations reflètent un phénomène inéluctable : la hausse des dépenses de santé, augmentant plus rapidement que la richesse nationale produite. Il suggère une révision du panier de soins de référence pour permettre aux complémentaires santé de moduler leur offre et potentiellement leurs tarifs, afin d’éviter des hausses trop importantes à l’avenir.

Les complémentaires santé proposent également de renforcer la collaboration avec l’État et l’Assurance maladie sur la prévention et la lutte contre la fraude.


Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *